3.000 personnes avec Aurore Martin à Bayonne.
La militante basque ne se cache plus. Cependant, bien que sortie de la clandestinité il y a une semaine, Aurore Martin est toujours aussi insaisissable. Comme si ceux qui accueillent, protègent et accompagnent Aurore tissaient autour d’elle une chaîne invisible mais efficace. Ayant eu vent d’un rendez-vous qu’elle avait donné à plusieurs journalistes espagnols dans l’appartement de sa sœur à Bayonne, la police judiciaire croyait pourtant pouvoir arrêter Aurore Martin sans coup férir. À quelques dizaines de mètres du Petit Bayonne, le fief des associations indépendantistes, le pari était risqué. Il a tourné à la Berezina du fait de l’arrivée quasi immédiate de dizaines de militants basques.
Le fiasco de la tentative d’arrestation d’Aurore Martin, par six policiers encagoulés a dopé la manifestation contre le mandat d’arrêt européen (MAE), organisée hier à Bayonne. Plus de 3.000 personnes ont défilés avec Aurore. Présente malgré le risque d’arrestation qui pèse sur elle, la militante basque a défilé aux côtés de ceux qui demandent la non-application du mandat d’arrêt européen lancé contre elle par Madrid et jugé exécutable par le gouvernement français.
Escorté par une trentaine de militants basques venus l’amener de la rue des Basques à la place du Monument aux Morts, elle a donc pris place aux côtés de représentants de nombreux partis politiques et de syndicats. « Ca a été difficile de sortir mais quoi qu’il en soit la bataille politique est gagnée », a-t-elle estimé, ajoutant qu’elle comptait « reprendre ses fonctions politiques » comme membre du bureau national du parti indépendantiste basque Batasuna.
Aux cris de « Aurore, herria zurekin », « Aurore, le pays est derrière toi », ou « Non au Mandat d’arrêt », le cortège a défilé deux heures durant, un encadrement policier minimal surveillant de loin celle qu’une première arrestation ratée le 21 juin dernier a soustraite à la volonté de la justice espagnole.
Visiblement émue par cette nouvelle démonstration populaire de refus de la voir extradée en Espagne (où elle encourt une peine de prison de 12 ans pour avoir publiquement représenté le parti Batasuna, illégal en Espagne mais pas en France), Aurore Martin a confié à la presse son soulagement de voir une telle unité politique et syndicale autour de son cas, « un évènement rare à apprécier au regard de la gravité de cette situation », a martelé Pierre Larrieu, membre du Comité Pays Basque contre le Mandat d’Arrêt européen.
« Le seul délit dans son dossier est celui d’expressions de son combat politique et citoyen », a également rappelé Anais Funosas, avant de prévenir une nouvelle fois que « toute nouvelle tentative d’arrestation d’Aurore martin sera empêchée ».
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