Belle Argentine Rebelle ! En Argentine, depuis le soulèvement populaire de décembre 2001, chômeurs et citoyens solidaires ont inventé de nouvelles formes de production et d’échange, de nouveaux rapports à la politique et à la démocratie pour pallier aux manques et incuries de l’Etat. Avec des reportages fouillés de Cécile Raimbeau et photographiées par Daniel Hérard, ces rebellions, qui apportent des réponses locales à des problèmes globaux, sont pleines d’espoir et peuvent être une source de réflexion, voire d’inspiration, pour nos sociétés occidentales face aux crises qui les menacent.
Sans avoir mis les pieds en Argentine (ni même en Amérique !), je suis depuis longtemps très sensible aux terribles problèmes sociaux & politiques de cette si vaste région, notamment à la « noire » Haïti et la blanche Argentine, c’est bizarre mais c’est ainsi.
« Je suis Pinpanicard, roi des papillons, roi des Patagons »… fut le « cri de guerre » de mon prof de math (en 4°) qui, pas plus haut qu’un vulgaire Tsarko, sautait parfois d’un bond sur son bureau pour déclamer cela en nous interdisant de rire (il fut paraît-il interné en asile psychiatrique…).
A la même époque, j’entendis parler d’un « oncle d’Amérique », parti faire fortune en Patagonie. Pas à la chasse aux papillons, mais à l’élevage des moutons : tels sont mes tout premiers contacts avec l’Argentine.
Plus tard, j’ai bien sûr appris que l’Argentine était le pays le plus « blanc » de l’Amérique Latine (les autochtones Patagons ont disparu, laissant leur nom à cette vaste région – de même, les autochtones Caribéens d’Hispaniola ont disparu, laissant leur nom à Haïti !). Ensuite, ce fut plus politique : un jeune sous-lieutenant me confia, à la fin de la guerre d’Algérie, qu’il allait poursuivre sa mission occidentale dans l’armée argentine ! Il était connu pour ses convictions pro OAS, moi (sous-off) pour l’inverse, il fallait donc qu’il fut bien bourré pour me dire ça… mais j’ai depuis appris « les exploits » de ces cinglés d’officiers fascistes français en Amérique, en général, et en particulier en Argentine… Ouf !
J’ai depuis, à Genève vers 1982, eu un génial ami Argentin : ce beau gosse était guitariste et chanteur de rue, réfugié clandestin. Je contribuais à lui trouver de « vrais faux papiers »… espagnols ! Aujourd’hui, la (relative) démocratie argentine reconnaît qu’elle a eu aussi des esclaves noirs (bien moins que le Brésil !), qu’elle a exterminé presque tous ses autochtones – elle en protège les derniers -, ceci après bien des décennies de dénégations et de dictatures, sous une forme ou une autre…
L’important reste sociologique : l’Argentine se ressent « européenne » d’origine, et effectivement les ancêtres de ses citoyens furent espagnols, italiens, allemands, britanniques, français, etc,... ou membres de diverses diasporas, juives d’abord, puis peu à peu asiatiques (Japon, Chine) et surtout moyen-orientales (Liban, Syrie, Palestine…) Et l’important est surtout le présent et l’avenir :
Un laboratoire de contre-pouvoirs
Tel est le sous-titre du très beau petit livre (20€), format à l’italienne, proposée en 2006 par les « Éditions Alternatives » :
- « Argentine Rebelle », de la journaliste Cécile Raimbeau et du photographe Daniel Hérard, tous deux excellents. Il paraît qu’il existe sur ce thème un bon film documentaire, mais je n’ai pu en trouver trace, avis aux amis chercheurs de compléter cette lacune !
Par Rem* (Ruminances)
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