Aurore Martin présente au festival EHZ (voir clip vidéo de soutien).
A Hélette, ce qui est reposant, ce ne sont pas seulement les grands espaces, la verte prairie dans laquelle hier la cinquantaine de bénévoles montaient la scène. Ce qui est apaisant avec le festival de « culture engagée » Euskal Herria Zuzenean (le Pays basque en direct) est l’absence de marque commerciale, de logo criard sur les stands de buvette ou barrant les rues du village.
Telle est la philosophie de ce festival unique. La manifestation rock la plus ancienne du Pays basque et qui, depuis 1996, relève le défi de s’autofinancer quasi intégralement, sans céder aux partenariats commerciaux. Cette année, le budget de 600 000 euros (environ 100 000 euros de cachets des artistes) sera couvert par la billetterie, la boisson et la restauration. Pas de Coca-Cola, on l’aura deviné. Un cola alternatif et de la bière locale.
« Sans fouille à l’entrée »
« Notre défi est de proposer de la bière locale et artisanale au même tarif que la bière industrielle », explique Eneko Gorri, membre du conseil d’administration du festival, attaché territorial à Biarritz, qui a posé une semaine de congés pour monter, démonter, organiser l’événement « sans fouille à l’entrée ». Mais il se pourrait que la journaliste canadienne Naomi Klein, altermondialiste auteur de « No logo », ne soit pas la seule égérie du festival.
Parmi les 700 bénévoles qui ont permis que EHZ ait lieu encore cette année, une certaine Aurore. « Comment t’appelles-tu ? Moi, c’est Aurore » est d’ailleurs l’un des éléments de langage en français et euskara du vade-mecum fourni aux spectateurs. Les organisateurs ne manquent ni d’humour ni de formule, qui « ont entendu l’appel du Collectif contre le mandat d’arrêt européen à constituer un rempart populaire ». Après Aurore Martin protégée par ses amis de l’arrestation en ville, Aurore Martin à Hélette et son rempart de quelque 15 000 festivaliers.
« Au-delà des frontières »
« Aurore est membre du conseil d’administration du festival, avance Eneko Gorri. Il se peut qu’elle intervienne pendant les conférences. » Mais soucieux que le « rempart humain » ne prenne le pas sur la programmation, il précise : « Avant tout, une offre culturelle avec des messages. » Et l’offre est belle. Une ouverture, demain, aux allures de feu d’artifice : les groupes marseillais IAM, britannique Morcheeba, le compositeur d’opéras rock gitan des Balkans Goran Bregovic, et la chanteuse révélation de l’année nommée Le Prince Miiaou. Parmi les pépites de samedi, les énergiques rockers de Ken Zazpi et, dimanche, Tiken Jah Fakoly et son reggae d’Afrique. Trois jours mêlant débats, parties de pelote, danse, fanfares et théâtre.
Le fil rouge du festival EHZ est toujours « Mugetatik at » : au-delà des frontières. Mais sans mandat. EHZ, de vendredi à dimanche : début des concerts vendredi 1er juillet, à 18 h 45. Forfait trois jours : 50 euros ; une soirée : 25 euros. Camping gratuit sur place. Bus : 5 euros aller-retour au départ de plusieurs villes.
Emmanuelle Fère (sudouest.fr)
» Festival EHZ : Euskal Herria Zuzenean Festibala
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